|
La fracture numérique entre le nord et le sud, une réalité camerounaise.
Les technologies de l'information et de la communication se posent aujourd'hui comme un facteur indispensable à tout développement humain; ceci est d'autant plus vrai que le monde est devenu un village planétaire, et un slogan de chez nous dit d'ailleurs : "l'illetré du 21ème siècle n'est pas celui qui ne sait ni lire ni écrire, mais celui qui ne sait pas se servir de l'outil informatique".
Pour les pays du Sud, malgré la vulgarisation sans cesse croissante des TIC, il reste encore l'apanage d'une catégorie aisée, car outre le problème d'analphabétisation, les revenus du commun des mortels ne lui permettent pas de s'offrir le luxe de se payer une connexion dans un cyber-café. Si ceci est vrai pour les membres de la société en général, il l'est davantage pour les personnes handicapés qui en plus de la difficulté pécuniaire sont confrontées à un obstacle architectonique qui est l'accessibilité aux diverses bâtisses abritant ces cybers.
Il n'est pas rare de trouver des cybers à l'étage, des cybers avec des chaises incorporées sur des tables rendant l'accès impossible à une personne handicapée, des grands marches pour y accéder, des chaises hautes de plus de 1,3m et des fois à la clé des refus d'accès aux personnes handicapées comme ce fut le cas pour moi à Cotonou.
UNE DOUBLE FRACTURE NUMERIQUE POUR DES INTELLECTUELS HANDICAPES DU CAMEROUN
Au Cameroun, les personnes handicapées qui accèdent aux études supérieures éprouvent énormément de difficultés pour l'accès aux documents didacticiels, car l'université est payante et les cours sont vendus sous forme de polycopies. La bibliothèque est peu dournie et des fois, dans des documents, on trouve des pages en moins, car l'étudiant démuni l'ayant important a eu la malice d'arracher la page sui l'intéressait. Par conséquent, nous avons des étudiants nantis de diplômes dépourvus de toute substance intellectuelle, une pure coquille vide qui justifie plus sa présence sur le campus que l'acquisition réelle des connaissances.
Après les études supérieures, très peu ont accès au boulot, victime de la stigmatisation et de l'exclusion sociale, et doivent se lancer dans des petits métiers qui n'ont rien à voir avec leur formation académique. La plupart reste sans emploi toute leur vie, et privé de la vision sur le monde. C'est à travers cette toile magique que nous, membres de Handicap Espoir Africa avons pris connaissance des conséquences tardives de la polio, ce mal qui nous ruinait sans que nous ne sachions de quoi il était question.
Après une conférence donnée par Michelle DIVES qui est venue nous voir en décembre 2007, nous avons d'avantage compris le pourquoi de nos malaises. Par la suite nous avons aussi pris la résolution de le divulguer ailleurs auprès de nos semblables qui comme nous, avant, pataugaient dans les ténèbres de l'ignorance.
Aujourd'hui, grâce à internet, nous pouvons faire des recherches sur des sujets qui nous intéressent!
Vivement que ces fractures se résolvent grâce aux Dieux de la technologie et aux hommes de grands coeurs .
|